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APPRENDRE A VOLER EN AUTOGIRE...

 

Ca y est vous êtes décidé ! vous avez consulté la rubrique accidentologie, fait le tour de toutes les machines existantes, fait vos comptes...vous voulez volez en autogire ! Vous devez avant tout lire ceci:


ULTRA-LEGER MOTORISE (ULM)

Le seul brevet disponible à ce jour pour voler en autogire est le brevet de pilote ULM classe "autogire". Il vous faut donc comprendre ce que sont les ULM.
Pour vous renseigner, consultez le site de la FFPLUM: la fédération des ULM. Vous y apprendrez succintement qu'il existe 5 classes d'ULM: les paramoteurs, les pendulaires, les multiaxes, les autogires et enfin les aérostats motorisés. Pour qu'un aéronef puisse rentrer dans la catégorie respective, il doit respecter certains critères dont les plus importants sont pour l'autogire:

Le système est déclaratif, mais si votre machine n'est pas conforme et qu'il vous arrive un accident, vous ne seriez pas couvert par l'assurance. Par ailleurs, la gendarmerie de l'air pourrait dresser un procès-verbal.

La FFPLUM est une fédération de 9000 adhérents. L'une de ses missions est de négocier avec la DGAC les évolutions futures de la règlementation, et le travail ne manque pas puisque notre administration de tutelle nous prépare quelques fois des restrictions qui vont à l'encontre de notre chère liberté sans toutefois en améliorer la sécurité. Or notre statut "ULM" nous y tenons car il est l'un des plus libertaires au monde. Par exemple, la visite médicale n'est pas obligatoire, l'assurance non plus, votre ULM n'est pas certifié, il vous incombe d'en faire l'entretien comme bon vous semble (Attention toutefois si vous emmenez un passager votre responsabilité pourrait être engagée...), le port du casque n'est pas obligatoire, la radio non plus si vous évitez les terrains et zones contrôlées...
Bref, cette réelle liberté fait notre succès par rapport à une aviation légère étranglée face à la règlementation toujours plus pesante, et pas forcément plus sécuritaire...
Or, LIBERTE ne va pas sans RESPONSABILITE ! Il est bien sûr conseillé de voler assuré avec un casque et en bonne santé ! Mais vous êtes responsable, au même titre qu'un commandant de bord et en assumez les conséquences.


Par ailleurs, cela fait très peu d'années que les autogires ont été intégrés au mouvement ULM. Alors que se passait-il auparavant ?
Les autogires étaient sous le régime de la construction amateur. Cela impliquait qu'il fallait construire soi-même sa machine, l'achat était illégal, l'instruction n'avait pas de valeur légale...bref, ce fut une hécatombe qui nous a entaché d'une réputation d'appareils dangereux.
Comme beaucoup d'autres, j'ai connu cette règlementation meurtrière, et le fait d'être intégrés aux ULM a été pour nous une véritable libération qui commence seulement à porter ses fruits. Alors, soutenez notre appartenance aux ULM et la FFPLUM seule garante de votre liberté !

ACHETER SON AUTOGIRE:

Le fait d'être ULM vous impose certaines responsabilités, tel l'entretien de votre matériel (bien que souvent on trouve toujours quelqu'un pour se faire aider, ainsi que des stages de mécaniques proposés par la FFPLUM). Aussi, la location ne se pratique que très rarement, puisque d'une part, nos machines sont parfois fragiles, et que d'autre part cela cadre mal avec l'éthique ulmiste de responsabilité par rapport au matériel.
Il vous faudra donc acquérir votre machine et en assumer les différentes charges financières. Ceci-dit, vous pouvez vous rassembler à plusieurs et créer une association qui gère une ou plusieures machines.

Exemples de bonnes affaires (qui ne sont plus à vendre...désolé...):

Gyro monoplace 80 h, moteur Rotax 582, prélanceur à galet, rotor Averso, instrumentation complète,PRIX: 6100 € (40 KF)
Gyro monoplace 80 h, moteur Rotax 503, sans prélanceur, rotor Averso, instrumentation
minimum PRIX: 4600 € (30 KF)

CONSTRUIRE SON AUTOGIRE:

Il vous est tout à fait possible de fabriquer un autogire à partir de plans.
De 2 choses, soit celui-ci entre dans la règlementation ULM, respectant les différents critères de poids, puissance (...), soit celui-ci n'y rentre pas, et vous serrez contraint d'être immatriculé comme un avion de construction amateur sous le régime du CNRA. Ce régime est plus contraignant puisqu'il vous oblige à des visites d'agrément du GSAC onéreuses et relativement inutiles car les gens du GSAC ne connaissent pas grand chose des autogires. Les désagréments de l'immatriculation CNRA sont bien nombreux, et il est conseillé de s'orienter vers un appareil ULM.

En ce qui concerne les plans, ils sont relativement peu nombreux en France et coûtent dans les 200 €. Les plus connus sont: le monoplace "Guépard" (Renseignements: Xavier AVERSO), et le biplace VHB type Vincent Hoffmann.

Si vous n'êtes pas doué pour la mécanique et si vous ne disposez pas de machines outils, abstenez-vous de construire !
En effet, cela vous prendra beaucoup de temps pendant lequel vous ne volerez pas, et cela reviendra assez cher tout de même, surtout pour un monoplace, puisqu'on en trouve dans des prix raisonnables sur le marché de l'occasion...
Pour un biplace, cela peut valoir le coup de s'orienter vers la construction, mais la difficulté pour vous sera de trouver une motorisation d'une centaine de chevaux et peu onéreuse. Sachez qu'un tel moteur, en 4 temps chez Rotax coûte dans les 15.000 € (100 KF).
Le problème de motorisation des gyros biplaces est un problème tellement épineux qu'il vaudrait à lui seul un article entier...

Vous avez aussi la possibilité d'acheter des plans venant des Etats Unis, mais faites attention aux motorisations et aux poids de ces machines qui ne sont pas forcément compatibles avec la règlementation ULM. De plus, toutes les cotes sont en pouces, il vous faudra donc acquérir les outils américains et l'aspirine nécessaire pour vous y retrouver...

Vous avez aussi la possibilité d'importer un kit et de le monter vous-même.

APPRENDRE A VOLER:

Les livres indispensables:

Le manuel du pilote ULM du SFACT.

L'autogire de la théorie à la pratique de Vincent HOFFMANN édition Cépaduès.


Le livre culte de l’Autogire : Rotorcraft Flying Handbook enfin disponible en version française. L’ouvrage est de plus " vitaminé " par ses auteurs : X. Averso et J. Fourcade qui associent en la matière compétences pratiques et intellectuelles.
Ses dix chapitres sont à considérer comme les dix commandements de qui veut pratiquer l’autogire en conscience.
En vente sur le site des éditions Rétine.
Tarif: 22 € (144,31 FF)

 

 

 

Pour obtenir le brevet ULM classe autogire, il vous faudra 3 choses:

  1. L'examen théorique ULM commun.
    Cet examen peut très bien se préparer seul, il vous suffit d'acheter le livre ad hoc. Vous y apprendrez comment fonctionne les différents ULM, la règlementation aéronautique, la météorologie... Il y a quasiment un examen par mois dans votre DAC (Direction de l'Aviation Civile nord, sud...), il se présente comme un questionnaire à choix multiples de 60 questions, et il est gratuit.
  2. L'examen théorique de classe:
    C'est votre instructeur qui vous fera passer cet examen théorique qui ne porte que sur l'autogire.
  3. Le Lâcher et la capacité à voler seul à bord:
    Après avoir pris un certain nombre d'heures de pilotage, votre instructeur vous estimera capable de voler seul à bord et vous délivrera une attestation qui jointe des précédentes pièces, vous permettra d'être pilote ULM de la classe autogire.
    A noter que c'est votre instructeur qui vous examine, alors que dans l'aviation légère, c'est un autre instructeur...

Votre brevet ULM est valable à vie, vous n'avez donc pas de minimum d'heures annuel pour garder votre qualification contrairement à l'aviation légère. Ceci dit, si vous n'avez pas piloté depuis un certain temps, ou si vous ne vous sentez pas sûr de vous, n'hésitez pas à reprendre 2-3 heures avec un instructeur !
Pour passer un brevet ULM d'une autre classe (pendulaire, paramoteur...) il vous suffit de repasser les étapes 2 et 3 dans la classe considérée.
Pour pouvoir voler en biplace, il faudra attendre d'avoir une certaine expérience (Généralement une cinquantaine d'heures) pour repasser devant un instructeur qui vous délivrera la qualification après un test en vol et au sol.

Concernant la pratique, un conseil sans appel: prenez un maximum d'heures de cours, il en va de votre sécurité puisque la plupart des accidents mortels en gyro concernent les débutants. Aussi, pourquoi minimiser votre instruction si à la finale vous cassez votre machine coûtant des dizaines de milliers d'euros ?

Combien d'heures faut-il pour apprendre à voler en autogire? Difficile à dire car cela dépend de beaucoup de paramètres tel que votre expérience aéronautique initiale, votre âge, votre facilité de compréhension, enfin, cela dépend de votre instructeur. Ne le blâmez pas, s'il fait durer l'instruction, c'est pour votre bien ! Par ailleurs, en France, les instructeurs ont eu tendance à minimiser le temps d'instruction alors que dans certains pays un nombre d'heures est imposé par la règlementation (+ de 40 heures en Angleterre, + de 20 heures au Canada...).
Même si ces chiffres sont complètement indicatifs, comptez pour une personne normallement douée et d'âge moyen:

Le coût de la formation en autogire est relativement élevé, et s'explique par le peu d'instructeurs surtout dans le nord de la France, le peu d'élèves, mais surtout par le coût d'un autogire biplace, la rareté de ces machines, et la consommation.
Comptez de 122 à 152 € de l'heure (de 800 à 1000 FF).

Il faut aussi tenir compte de la machine avec laquelle vous volerez après.
S'il s'agit d'un gyro très stable et facile à piloter, du genre Dominator ou Magni, vous aurez moins de chances de vous retrouvez dans une configuration délicate. Par contre, s'il s'agit d'un petit monoplace issu de la construction amateur sans plan horizontal digne de ce nom, et avec un moteur très puissant, soyez doublement méfiant et n'hésitez pas à mettre l'accent sur l'instruction même si vous vous sentez prêt.
Quoi qu'il en soit, pour un débutant, il est très difficile en 10 ou 15 heures de maîtriser parfaitement le domaine de vol d'un autogire, vous aurez juste appris à voler dans un domaine de vol normal.

Un grand plan horizontal est à priori gageure de stabilité...
Cette machine risque fort d'être instable longitudinalement (centre de gravité bas et pas de plan horizontal)

De la même façon, lorsque vous serez breveté, pour vos premières heures de vol en solo, volez dans des conditions très calmes, c'est à dire:

En effet, on parle souvent d'Oscillation Induite par le Pilote (OIP), mais pas toujours de ces facteurs qui peuvent vous mettre dans une situation d'oscillation.

A la fin de votre instruction, et le brevet en poche, il va falloir prendre en main votre machine qui n'aura pas forcément les mêmes caractéristiques que la machine-école. Pour cela, vous allez faire "du roulage", c'est à dire arpenter pendant une petite dizaine d'heures la piste.
Cet exercice vous apprend dans un premier temps à gérer les palonniers et bien diriger votre machine au sol, puis à gérer le nombre de tours rotor et la vitesse au sol.
Au début vous apprenez à "charger" le rotor, puis lorsque la machine est prête à décoller, vous effectuez des "sauts de puces", c'est à dire des petits décollages à 1m sol, puis 2 m.... jusqu'au posé quelques mètres plus loin.
Après cette prise en main de la machine, si possible sous l'oeil bienveillant de votre instructeur, vous entamerez votre 1er tour de piste....

Et là...vous serez l'homme le plus heureux du monde ! Vous ferez partie des 150 privilégiés qui volent règulièrement sur autogire en France, bien moins nombreux que les pilotes d'hélico ou de 747...

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